



Cette série photographique traverse plusieurs états de l’eau douce, de la source au fleuve qui disparait dans l’océan. Je regarde les paysages traversés, le mouvement et les usages de l’eau, élément vital en voie de pollution, de détournement et même de disparition fréquentes; mais l’eau signifie aussi crue et submersion violentes.








Le principe du tirage cyanotype réside en une émulsion sensible au soleil (insolation au UV) qui se révèle à l’eau claire. Cette chimie simple dissout l’image dans son support : ici des fibres naturels sur lesquelles s’imprègne une photographie monochrome bleu de Prusse & blanche.
Les lacets impriment un rythme cinétique à l’image et crée une sensation de mouvement comme l’eau qui coule. Cette vibration s’amplifie sur les fils de lin allant jusqu’en brouiller la lecture de la photographie initiale. Quant à la mousseline de coton et la tarlatane, elles explorent transparences et superpositions qui sont récurrentes dans ma pratique. L’image se révèle un peu plus sur chaque couche de tissus, à moins qu’elle ne s’évapore au contraire…
Sur les traces de l’eau douce : source, torrent, ruisseau, rivière et fleuve mais aussi rigole, cascade et rapide mais surtout re-source.